Sur le terrain, des collaborations à établir avec les CLSC et les organismes communautaires pour rejoindre les jeunes 16-24 ans sans diplôme.
Des organismes, comme les CLSC, les CLE ou des organismes communautaires, voient plusieurs jeunes âgés de 16 à 24 ans frapper à leur porte. Ces jeunes, souvent aux prises avec des problèmes trop grands pour eux, oublient que l'essentiel à leur âge est de décrocher un premier diplôme. Pour d'autres jeunes, fraîchement débarqués au pays, les études représentent une barrière culturelle qu’ils n'arrivent pas à franchir seuls.
Sur le terrain, ce sont les CLSC qui sont responsables de l’application du Programme de services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance (SIPPE). Ce sont souvent des jeunes filles qui se retrouvent seules, formant pour ainsi dire des familles monoparentales très fragiles. La plupart du temps, ces jeunes filles n’ont pas de diplôme. Elles n’ont pu poursuivre leurs études pour diverses raisons.
Bien entendu, ces jeunes mamans ont recours aux services de santé habituels des CLSC. De là, on les informe qu'elles peuvent participer aux Services intégrés. « Il s'agit d'un projet fondé sur la volonté des mamans de participer, tient à préciser André Caron, du CLSC de Saint-Rémi et membre de l’équipe locale de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries. Nous offrons aux jeunes mères qui le désirent un suivi de cinq ans qui commence avant la naissance de l'enfant. » Par le Programme de services intégrés, les jeunes mères et leurs enfants sont accompagnés par des personnes de diverses manières. Plusieurs visites ont lieu à la maison. Certains organisent des groupes. Elles sont aussi encouragées à poursuivre une formation. « Nous ne forçons pas la jeune mère à participer à ce projet. Aussi, celle désirant poursuivre ses études sera encouragée à le faire. »
Dans le contexte où les jeunes filles se retrouvent avec de lourdes responsabilités liées à l'arrivée de leur enfant, elles sentent davantage l'intérêt d'une formation pouvant les aider à décrocher un emploi qui leur permettrait d’obtenir un salaire intéressant. Mais il faut du doigté et saisir le moment opportun pour aborder cette question avec les jeunes mamans. Plusieurs ont eu des difficultés à l’école. L’approche doit être adaptée. Dans le cadre du SIPPE, le CLSC du Vieux-Longueuil, aidé par la Commission scolaire Marie-Victorin, a réussi à intéresser 15 jeunes mères à la formation. Elles ont décidé de poursuivre leurs études grâce aux « Services intégrés ». Des services de formation générale sont offerts sur place au CLSC par la Commission scolaire. Une manière intéressante de rejoindre les jeunes mères en leur proposant une formation dans leur milieu de vie, le temps de reprendre confiance en elles.
D’autres organismes s’intéressent aussi à la formation des 16-24 ans. À Brossard, où les communautés d'immigrants se multiplient, la Maison internationale de la Rive-Sud, avec le soutien financier du Forum Jeunesse Montérégie, aide les jeunes immigrants à se maintenir en formation. « C'est dans une logique de lutte au décrochage. Nous avons 92 personnes qui viennent ici du lundi au vendredi soir, dont plusieurs âgées de 16 à 24 ans, pour obtenir de l'aide aux devoirs. L'idée est de donner une chance aux jeunes dont les parents, non francisés, ne peuvent leur procurer le soutien scolaire nécessaire », raconte Noureddine Belhocine, directeur de la Maison internationale, qui bénéficie de l'appui financier du Forum Jeunesse Montérégie pour offrir ces services.
Noureddine, comme plusieurs autres dirigeants d'organismes, est membre d’une équipe locale mise en place par le Programme d’aide pour favoriser le retour en formation des 16-24 ans afin de réfléchir aux différents moyens à mettre de l'avant pour aider les jeunes de 16 à 24 ans à retourner aux études et à décrocher leur premier diplôme.
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