| Grâce
au projet CAPAB, Yann Léonard peut envisager un avenir
meilleur.
Yann Léonard
a abandonné l’école après sa première
secondaire, en 1996. Et pourtant, il ne détestait pas
l’école, plus jeune. Mais à l’école
secondaire, il est devenu un « reject », ce qui
l’a finalement amené à détester
l’école et à abandonner ses études.
En 1998, il tente
sa chance grâce à un programme alternance école-travail,
mais cela ne dure que deux mois. Finalement, c’est le
projet CAPAB (voir autre texte) qui l’aidera, croit-il,
à réaliser son rêve d’avenir, à
savoir : devenir un dessinateur de bandes dessinées.
Yann Léonard,
qui est une des premières personnes à s’être
inscrite à ce programme novateur, l’année
dernière, poursuit encore ses études avec assiduité
cette année. Il a accepté de témoigner
de son expérience. « Je voulais retourner aux
études, mais je n’étais pas à l’aise
à l’idée d’aller à l’Éducation
des adultes. C’est le Bureau consultation jeunesse qui
m’a proposé ce projet-là. Je suis allé
voir de quoi ça avait l’air et j’ai aimé
l’atmosphère. Les gens ne se jugent pas et tout
le monde se tient », affirme le jeune homme qui est
actuellement au début de la vingtaine.
Être un
« reject » est une expérience pénible,
avoue-t-il. « Disons que je n’étais pas
le plus populaire. Je me faisais garrocher des trucs et on
me disait des commentaires désobligeants. Sur 300 élèves,
je n’avais qu’un ou deux amis seulement. Ce n’est
pas beaucoup », a-t-il laissé tomber. Selon son
enseignante, Mme Lise Longpré, il y a d’ailleurs
beaucoup de cas similaires parmi les participants au projet.
À cause du phénomène « reject »,
qui affecte plus les garçons que les filles, a-t-elle
précisé, ces jeunes adultes ont développé
une phobie de l’école, d’où la nécessité
de proposer les activités dans un cadre extérieur
à l’école.
Yann est aujourd’hui
motivé et compte obtenir son diplôme d’études
secondaires d’ici deux ou trois ans. « Je veux
bien faire mon travail, tout en allant à un bon rythme
», indique-t-il. Même s’il peut suivre le
programme sur une base volontaire, Yann dit assister aux cours
presque tous les jours : « j’ai beaucoup de motivation
et mon objectif, c’est de finir mes études secondaires
pour aller au cégep en dessin technique, pour faire
de la bande dessinée ».
Dans les cours,
Yann dit préférer le français, plus facile
pour lui. Toutefois, il met plus d’efforts sur les mathématiques,
qui sont plus difficiles et qui constituent donc un plus grand
défi pour lui.
« J’aime l’atmosphère, j’aime
l’approche. Quand je suis arrivé ici, j’ai
trouvé ça invitant. Je me suis senti pas mal
mieux qu’ailleurs. Par exemple, ça arrive à
l’enseignant de français d’organiser une
marche à l’extérieur, afin de nous aérer
l’esprit. Il y a aussi des intervenants avec qui on
peut parler. Des fois c’est seulement pour quelques
minutes, mais c’est juste ça que ça nous
prend ».
Parallèlement
à ses études, Yann Léonard dit avoir
effectué beaucoup de recherche sur lui-même,
ce que facilite le programme, dont l’approche n’est
pas de brusquer le monde, note enfin le jeune homme.
Une belle ambiance de travail
De son côté,
Mme Lise Longpré estime que CAPAB – qui a obtenu
plusieurs prix et mentions malgré sa courte existence
– constitue déjà une très belle
réussite. Par exemple, a-t-elle fait valoir, des jeunes
qui, lorsqu’ils arrivent, ne croient même pas
en eux-mêmes, finissent par découvrir leurs possibilités.
Quatre-vingt-deux pour cent des jeunes ont passé leur
examen de mathématiques! s’est-elle réjouie.
« Pour certains, c’était la première
fois qu’ils réussissaient un examen. Il y en
a qui étaient même tout surpris de comprendre
la matière ».
Une des conditions
de ce succès, croit-elle, c’est l’esprit
d’entraide qui règne dans le groupe. «
Ce sont des gens qui ont été très blessés
et qui ont tous vécu des choses très dures,
alors il existe un respect mutuel entre eux. De plus, comme
le programme est effectué sur une base volontaire,
les participants viennent par choix. Le pourcentage des présences
est de plus de 60 % », a-t-elle enfin fait savoir.
Cinquante-huit
personnes se sont inscrites au projet CAPAB jusqu’à
maintenant. Selon Mme Longpré, la formule du programme
CAPAB peut également tenir compte des cas d’exception
en faisant des ententes, par exemple, pour des jeunes mères
qui ne peuvent venir qu’une fois semaine ou pour des
jeunes qui ont également un travail.
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